Arraisonnement de l’Ethera en pleine mer: le navire naviguait sous faux pavillon et avec de faux certificats

Le dimanche 1er mars 2026, le navire Ethera a été arraisonné par la Défense en haute mer. Le service d'inspection de la Direction générale de la navigation du SPF Mobilité s’est également rendu à bord et a immédiatement pu constater suffisamment d'infractions pour que le navire soit redirigé vers le port de Zeebruges. Le navire fait l'objet d'une saisie judiciaire par le parquet fédéral et d'une mesure de détention par la DG Navigation.

Immédiatement après l'accostage dans le port de Zeebruges, l'inspection s'est poursuivie. Ces derniers jours, la DG Navigation a également mené des investigations supplémentaires, au cours desquelles 45 infractions ont été constatées. Il s'agit principalement de faux certificats, car le navire naviguait sous un faux pavillon guinéen. Des défauts techniques ont également été constatés. 

La Police Fédérale de la Navigation a également effectué les contrôles et constatations nécessaires à bord, y compris le contrôle des 21 membres d'équipage. L'équipage se compose d'un capitaine russe, de sept officiers (trois d'origine indienne, trois d'origine géorgienne, un d'origine indonésienne) et de treize autres membres d'équipage (tous d'origine indienne). Une « interdiction d’aller à terre » a été prononcée, ce qui signifie que l'équipage doit rester à bord et n'est pas autorisé à pénétrer sur le territoire belge. L'armateur et/ou le propriétaire du navire est responsable du bien-être et de l'approvisionnement des membres de l'équipage.

Prochaines étapes

Le SPF Mobilité a imposé une caution de 10.020.000 euros au navire. Ce n'est qu'après le paiement de cette caution, en vue du recouvrement ultérieur de l'amende administrative et/ou pénale réclamée, et si une nouvelle inspection par la DG Navigation révèle que le navire est en règle, que l'Ethera pourra reprendre la mer. Cela implique notamment que le navire doit trouver un État de pavillon, disposer des certificats valides nécessaires et que les défauts techniques doivent être corrigés.

L'inspection par la DG Navigation est actuellement suspendue car le navire est classé ‘inspection suspended’. Cela signifie que les services d’inspection ne reprendront les contrôles que lorsque l'armateur ou le propriétaire indiquera que le navire est pleinement conforme à toutes les prescriptions techniques et administratives en vigueur. En d'autres termes, la durée de la détention du navire est donc entre les mains de l'armateur ou du propriétaire.

Le rôle du SPF Mobilité DG Navigation

La DG Navigation veille à assurer la sécurité, la durabilité et l'équité de la navigation. Grâce à des contrôles stricts, elle prévient les naufrages, la piraterie et le sabotage, contrôle les compétences et le bien-être des équipages, protège l'environnement marin et veille au respect des règles internationales garantissant une concurrence loyale.

Les contrôles effectués contribuent indéniablement à la sécurité sur terre, notamment grâce à l'identification rapide, en collaboration avec les services partenaires du Carrefour d'information maritime (CIM), des navires transportant des marchandises interdites telles que des drogues, des armes, ou des victimes de la traite des êtres humains.

Annelies Verlinden, ministre de la Justice et de la mer du Nord :

« Les tensions géopolitiques croissantes et la criminalité organisée rendent notre mer, ses infrastructures critiques et la navigation vulnérables. Les incidents survenus en mer du Nord et ailleurs montrent à quelle vitesse les installations peuvent être prises pour cible. C'est la raison pour laquelle nous misons sur une coopération transfrontalière et transnationale étroite pour protéger notre approvisionnement énergétique ainsi que nos infrastructures et nos routes maritimes. L'opération « Blue Intruder », les inspections effectuées et l'enquête en cours menée par le parquet fédéral envoient un signal clair à l'échelle internationale : la Belgique agit activement contre la flotte fantôme et renforce la sécurité des infrastructures vitales. »

Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité :

« En matière environnementale et sociale, il n’y a pas de concession possible ! Les bateaux qui traversent nos eaux doivent présenter toutes les garanties de conformité et de respect aux législations.

A cet égard, les constatations techniques justifient pleinement la décision de détention. Les règles internationales en matière de sécurité et d'environnement ne sont pas négociables. Le navire ne quittera le port qu'une fois qu'il se sera mis en conformité et aura versé la caution. Je salue notamment ici le travail accompli par la DG Navigation du SPF Mobilité, ainsi que par les services de soutien mobilisés pour ce dossier. »

Theo Francken, ministre de la Défense :

« Notre gouvernement prend des mesures déterminées contre la flotte fantôme. Avec cette opération, nous appliquons les sanctions européennes, protégeons la mer du Nord et limitons le financement de la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine. La Belgique ne laissera pas son espace maritime être utilisé pour porter atteinte au droit international. Cette action montre que nous sommes capables d'agir rapidement et de manière ciblée pour garantir la sécurité de nos mers et de nos infrastructures vitales. »